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Tous les soirs à 20 heures

A 20 heures, à sa fenêtre, on applaudit pour soutenir le corps médical, face à la pandémie de Covid-19. Tiens, on n ‘a pas toujours pensé au personnel soignant… Il a fallu quelques heures, le soir même du début du confinement, le 17 mars, pour que cela devienne un rituel… Il a suffi d’un message […]

A 20 heures, à sa fenêtre, on applaudit pour soutenir le corps médical, face à la pandémie de Covid-19. Tiens, on n ‘a pas toujours pensé au personnel soignant…

Il a fallu quelques heures, le soir même du début du confinement, le 17 mars, pour que cela devienne un rituel…

Il a suffi d’un message sur Twitter, #OnApplaudit, pour que chacun ouvre sa fenêtre à 20 heures et acclame, durant plusieurs minutes, tout le personnel hospitalier qui est en première ligne dans le combat contre le Covid-19.

Les premiers de cordée, les vrais, ce sont tous ces acteurs du corps médical qui tiennent les digues, depuis trois semaines, pour que la vague de malades les plus graves n’emporte pas tout sur son passage. Sur Twitter, une infirmière : « J’ai vu vos vidéos, et ça m’a incroyablement touchée. Merci pour nous. Prenez soin de vous. »

L’initiative est née en Italie, un pays qui vit un véritable drame avec la pandémie de coronavirus. Dés les premiers jours de mars, les Italiens, debout sur leurs balcons, entonnaient l’hymne national. Cette initiative a ensuite été reprise partout dans le monde, de l’Espagne à la Turquie, en passant par l’Argentine et la Serbie.

« C’est tout ce que je peux faire, rester chez moi, et à 20 heures me mettre à la fenêtre avec mes enfants et applaudir, applaudir toutes ces personnes dévouées qui sont en première ligne. »

Applaudir à sa fenêtre, c’est aussi l’occasion, quand on est resté cloîtré chez soi, de découvrir ses voisins de l’immeuble d’en face, même de loin. Cela fait du bien. On s’entend, on se voit, et d’un soir à l’autre, on se reconnaît. C’est un bras tendu vers le voisin d’en face, sans danger et sans risque.

C’est peut-être aussi ça, le paradoxe. On ouvre sa fenêtre autant pour le corps médical que pour soi, pour se rassurer de ne pas être seul. On applaudit quand il y a un vis-à-vis. On applaudit dans les villes, très peu dans les campagnes françaises.

Sur Twitter, une autre infirmière : « Tant mieux s’il y a une prise de conscience sur ce que vivent les soignants depuis des semaines, mais, malheureusement, les applaudissements à eux seuls ne feront rien contre le virus. L’urgence, c’est juste de rester tous chez vous, en applaudissant si vous voulez. Si vous voulez sauver des vies, nos vies et les autres : restez chez vous ! »

Alors évidemment, on a vu passer un autre tweet, « pour toi qui vote Macron et qui nous applaudis à 20 heures », avec quatre aides-soignantes faisant un doigt d’honneur…Le détournement politique d’un cliché, où à l’origine les quatre jeunes femmes faisaient un doigt d’honneur au Covid-19.

On habite le 11e à Paris. Lors de l’élection présidentielle de 2017, Macron a remporté 92,69 % des suffrages au second tour, avec l’appui de LR et du PS. Un beau score pour ceux qui détruisent méthodiquement les services publics depuis des années. On va quand même ouvrir les fenêtres ce soir, on votera mieux la prochaine fois.