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Rat des villes, rat des champs

Suite au confinement dû au Covid-19, des milliers de citadins sont partis se réfugier à la campagne. La cohabitation avec les locaux n’est pas facile. Il n’a pas fallu attendre longtemps, pour constater que la crise sanitaire, due à la pandémie de Covid-19, était un incroyable révélateur de notre société. Sitôt la confirmation du confinement […]

Suite au confinement dû au Covid-19, des milliers de citadins sont partis se réfugier à la campagne. La cohabitation avec les locaux n’est pas facile.

Il n’a pas fallu attendre longtemps, pour constater que la crise sanitaire, due à la pandémie de Covid-19, était un incroyable révélateur de notre société.

Sitôt la confirmation du confinement annoncée par le président de la République, on a vu une partie des Français ranger leurs affaires et partir se réfugier dans leurs résidences secondaires. Par la route ou par le train. Ces privilégiés ont fui les grandes agglomérations, Paris mais aussi Lyon, Bordeaux, Nantes, suivant les recommandations anciennes d’Hippocrate, le père de la médecine : “En cas d’épidémie, partir vite, loin, longtemps et revenir tard !”

En région parisienne, c’est environ un million de Franciliens qui ont déserté.

L’exemple de Belle-Île-en-Mer est confondant. Une île où aucun cas de Codiv-19 n’était signalé avant l’annonce officielle et qui voit débarquer le mardi 17 mars, environ 600 Parisiens. En quelques heures, ils vont vider les supermarchés et remplir leurs congélateurs. Le Carrefour Contact du Palais, la commune principale de l’île, a multiplié son chiffre d’affaires par quatre. Effrayés, beaucoup de locaux craignent qu’en cas de crise, le modeste hôpital soit complètement engorgé. Et le lendemain, de voir les parisiens préparer les vélos pour faire de belles balades à travers l’île. Des pique-niques sur les plages…

Malgré la douceur printanière, les invectives ont vite fleuri sur les comptes Facebook d’insulaires en colère : « Rentrez chez vous », « Vous nous apportez le virus », « Allez passer vos vacances ailleurs », « Vous allez saturer nos hôpitaux ». Sur l’île de Noirmoutier, ce sont les voitures immatriculées 75 qui en ont fait les frais… les quatre pneus crevés.

La semaine passée, à Belle-Île, le maire du Palais assurait que, après quelques jours de vives réactions « les tensions étaient un peu retombées ». Les contrôles policiers se sont renforcés et la prise d’arrêtés municipaux interdisant l’accès aux plages, promenades à vélo a permis à chacun de retrouver le calme et la raison.

Une mère de famille du 11e arrondissement parisien assure qu’« il n’est pas question pour nous de venir ici pour contaminer quiconque. Depuis notre installation, on se calfeutre, en profitant du jardin le matin, quand le soleil donne sur la terrasse. Mais regardez, les hortensias sont magnifiques ».

À Kergolay, à l’est de l’île, on a appris qu’un musicien professionnel venu de la capitale, un joueur de cor d’harmonie, s’était vu signifier par son voisin électricien que « le cor de chasse à 20 heures, ce n’était pas possible, que les gens sur l’île ont besoin de calme ! On n’est pas à la Philharmonie ici. »

L’autre voisin parisien de notre musicien est par contre, lui, aux anges, pour savourer le calme du confinement.