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Le silence du premier soir…

Pandémie de coronavirus. Au premier soir du confinement, un silence assourdissant nous entoure. Nous ne pouvons plus voir nos proches… Mardi 17 mars, minuit, première nuit du confinement. On ouvre la fenêtre de la chambre qui donne sur l’avenue de la République à Paris. “Un silence assourdissant” comme écrivait Albert Camus dans « La Chute […]

Pandémie de coronavirus. Au premier soir du confinement, un silence assourdissant nous entoure. Nous ne pouvons plus voir nos proches…

Mardi 17 mars, minuit, première nuit du confinement. On ouvre la fenêtre de la chambre qui donne sur l’avenue de la République à Paris. “Un silence assourdissant” comme écrivait Albert Camus dans « La Chute ». La semaine passée, un autre livre de Camus s’était très bien vendu, « La Peste ». Les mots nous suivent, nous accompagnent. Les mots des écrivains nous aident à vivre le quotidien.

Dans la nuit, pas une voiture. Seul, un homme marche un sac à la main. Pas un bruit, on ne sait pas où il va. Voilà, on en est là avec la pandémie du covid-19 qui se répand comme un nuage invisible sur toute la ville.

Durant la journée, dans l’immeuble d’en face, les gens étaient devant leur fenêtre, ouverte. A regarder, à simplement regarder la rue. Fumer une cigarette en regardant dehors. Pour ne pas trop se sentir enfermé. Pour respirer.

En deux jours, on est passé d’un vote démocratique pour les municipales, à une restriction des libertés comme personne en France n’en avait connu, depuis la Seconde Guerre mondiale. On a demandé aux gens de faire l’effort d’aller voter dans la journée. Le soir, au journal de 20 heures, les élections étaient bien loin. Quel pourcentage, dans quelle ville, la droite, la gauche, les écolos, LRM, le RN… la pandémie était dans tous les esprits, les résultats de tel ou tel parti n’ayant plus aucun intérêt.

Ne plus pouvoir sortir dehors, ne plus pouvoir faire ce que l’on veut, et peut-être, le plus difficile, ne plus pouvoir voir ceux qui nous sont chers. Ce soir, au journal télévisé de France 2, le Premier ministre Édouard Philippe a répondu à une question sur la possibilité de se rendre à l’enterrement d’un proche. « Ce que je vais vous dire est très difficile, terrible à entendre, mais non, vu la gravité de la situation, on ne peut pas se rendre à un enterrement. Nous devons limiter au maximum nos déplacements ! » L’étau se resserre comme jamais.

Alors bien sûr que l’on a testé les discussions sur Skype. Mais c’est tellement différent, cela reste de l’image et l’on ne s’y fait pas. On a le sentiment de parler tout seul devant un écran qui bouge. Sur Skype, on ne sait pas comment terminer une discussion, sans faire disparaître l’autre… On n’est pas sûr de renouveler l’expérience. On préfère téléphoner, la voix paraît plus proche.

On apprend dans la soirée que demain, la Belgique adoptera un confinement généralisé.

En fin de journée, on a cru entendre un oiseau.