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La fin du “Magic Bus”

Le film Into the Wild date de 2008 et l’on avait adoré le périple de Christopher McCandless, un jeune Américain fuyant jusqu’en Alaska la civilisation et la société de consommation, pour se rapprocher de la nature. Survivre dans un milieu sauvage en lisant Tolstoï et le récit autobiographique de Henri David Thoreau, Walden ou la […]

Le film Into the Wild date de 2008 et l’on avait adoré le périple de Christopher McCandless, un jeune Américain fuyant jusqu’en Alaska la civilisation et la société de consommation, pour se rapprocher de la nature.

Survivre dans un milieu sauvage en lisant Tolstoï et le récit autobiographique de Henri David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois… Tout ça filmé avec beauté, enivrement et fascination par Sean Penn. Into the Wild est tiré du livre de Jon Krakauer, Voyage au bout de la solitude.

Après avoir obtenu son diplôme universitaire, Christopher McCandless avait choisi de tout plaquer, du jour au lendemain, sans en informer ses amis ni sa famille. Partir, tout simplement partir. En stop, avec un sac à dos et peu d’argent en poche. On est en 1992.

Avec au bout de la piste Stampede, la carcasse d’un ancien bus des années 1940, où Christopher vécut pendant plus de cent jours, avant de trouver une fin tragique. Le “Magic Bus”, surnommé ainsi d’après la chanson des Who, deviendra mythique. C’est lui que l’on voit sur l’affiche du film.

L’épave du “Magic Bus” a donné envie à des centaines de randonneurs de venir se recueillir. Une forme de pèlerinage. Sauf que la nature n’est en rien accueillante dans cette région du grand Nord américain, et que depuis la sortie du film, accéder au graal du “Magic Bus” s’est souvent transformé en cauchemar.

Pas de réseau téléphonique. Des conditions météo imprévisibles et extrêmes. C’est plus de quinze expéditions que les autorités locales ont dû organiser pour secourir des aventuriers imprudents. Avec le passage délicat de la rivière Teklanika, particulièrement dangereuse en hiver. En 2009 et 2019, deux voyageurs peu préparés y trouvèrent la mort.

Alors le 18 juin dernier, Corri Feige, la commissaire chargée des ressources naturelles pour l’État d’Alaska, a décidé de déplacer le bus. Un hélicoptère de l’armée américaine est venu l’arracher à la nature sauvage, pour le transporter sur un site sécurisé, qui sera ouvert plus tard au public. La fin d’un mythe.

Christopher McCandless a écrit dans son journal : « Je sais que dans la vie, le plus important, ce n’est pas nécessairement d’être fort mais de se sentir fort. Et de se mettre à l’épreuve au moins une fois, de se retrouver au moins une fois dans la condition humaine la plus archaïque, d’affronter seul la nature aveugle et sourde, sans rien pour vous aider, si ce n’est vos mains et votre tête. »

Se mettre à l’épreuve… oui, sans aucun doute, il va falloir trouver d’autres “Magic Bus” !