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Embouteillage virtuel

L’application de navigation Google Maps fête ses 15 ans. Et pour beaucoup d’automobilistes, c’est devenu un réflexe, comme de boucler sa ceinture. « Tu montes dans ta voiture, tu allumes l’autoradio et tu entres les coordonnées de ta destination sur le GPS, sans même trop réfléchir. Et tu suis les indications. » Le principe est […]

L’application de navigation Google Maps fête ses 15 ans. Et pour beaucoup d’automobilistes, c’est devenu un réflexe, comme de boucler sa ceinture.

« Tu montes dans ta voiture, tu allumes l’autoradio et tu entres les coordonnées de ta destination sur le GPS, sans même trop réfléchir. Et tu suis les indications. »

Le principe est simple. Quand sur une même route, Google Maps repère une forte quantité de connexions GPS (Global Positioning System), l’application en déduit « logiquement » qu’il y a de nombreuses voitures, d’où un ralentissement possible.

Sur l’écran du portable, la route change de couleur et devient orange ou rouge, ce qui indique aux automobilistes connectés les risques d’embouteillage. Google Maps propose alors un autre itinéraire pour contourner le bouchon, en train de se constituer.

Il y a quelques semaines, Simon Weckert, un artiste berlinois, a eu envie de court-circuiter le fonctionnement de l’appli de navigation du géant de Mountain View. « Toutes ces applications qui envahissent notre quotidien sont au final très fragiles. »

Il n’a pas débauché une armée de hackers russes, il a simplement rempli une charrette d’une centaines de smartphones, dont il a au préalable activé la navigation sur Google Maps.

Et puis, tranquillement, il est parti marcher dans les rues de Berlin en tirant, sa charrette. Et là, le résultat ne s’est pas fait attendre : en quelques secondes sur l’application, les rue parcourues par l’artiste sont passées du vert à l’orange, puis au rouge. Comme s’il y avait une concentration de 100 voitures roulant au pas. Un embouteillage virtuel.

Car Google Maps est aujourd’hui incapable de différencier les personnes se déplaçant en voiture de ce lles qui marchent. Du côté de Google, on salue le geste de l’artiste, minimisant toutefois l’impact.

La firme californienne a affirmé qu’elle allait s’en servir afin de bonifier son application : « Nous avons lancé la possibilité de faire la distinction entre les voitures et les motos dans plusieurs pays, dont l’Inde, l’Indonésie et l’Égypte, mais nous n’avons pas encore ajouté le chariot. Que ce soit via une voiture, une charrette ou un chameau, nous aimons voir les utilisations créatives de Google Maps, car cela nous aide à améliorer le fonctionnement des cartes au fil du temps. »

Ça serait bien que Google parvienne à corriger rapidement cette « légère faille », car le chariot de Simon Weckert pourrait bien inspirer plus d’un militant souhaitant voir moins de voitures dans les rues de nos agglomérations.

Qui peut, par exemple, interdire à quelqu’un de demander à tous les usagers du métro de se connecter en même temps à l’application ? Histoire de faire croire à Google que ce sont des milliers de voitures qui circulent…