La rançon de la mondialisation

Du comment tout ça a commencé, on ne sait trop rien, sinon que la première fois que les médias français ont parlé du coronavirus, c’était le 9 janvier dernier.

Un homme chinois fait contrôler sa température à un portillon d'accès, dans la ville de Wuhan en Chine.
Dans le métro de Hong Kong, tous les passagers portent un masque de protection respiratoire, en raison de l'épidémie de coronavirus.

Au départ, on nous dit que c’est chinois et que c’est loin, donc pas de panique. On nous explique que le coronavirus (Covid-19), est passé de l’animal à l’homme. Il y aurait sans doute eu une mutation du virus.

Rien à voir avec les soupes de chauve-souris, même si au départ, la souris volante a pu être porteuse du virus. Il y a de fortes chances qu’un autre ou plusieurs autres animaux aient servi d’hôtes intermédiaires. Et puis l’homme s’est retrouvé infecté.

Premiers malades, premiers morts en Chine à Wuhan, la capitale de la province du Hubei qui compte 11 millions d’habitants. Mais il n’y a rien à craindre, les autorités chinoises prennent les choses en main. Un hôpital pouvant accueillir 1 000 lits sort de terre en 10 jours ! Caméras thermiques dans les aéroports. Confinement.

On nous dit de relativiser. La grippe classique tue chaque année entre 290 000 et 650 000 personnes dans le monde. Mais la grippe classique a un taux de mortalité faible, de l’ordre de 0,006 %, alors que le Covid-19 tue 3 % des personnes infectées, soit 500 fois plus que la grippe.

On nous dit « qu’en Chine, plus personne ne croit en la parole officielle. » Et puis ce week-end, tout s’accélère. D’épidémie, on passerait à une pandémie. À ce jour, plus de 2 770 individus en sont morts.

À travers le monde, c’est quelque 81 000 personnes qui se retrouvent contaminées dans une quarantaine de pays. Trois pays inquiètent particulièrement l’OMS : l’Italie, la Corée du Sud et l’Iran. En Italie du Nord, c’est le carnaval de Venise qui a été stoppé et des matchs de foot reportés. En moins de 48 heures, l’Italie est devenue le pays le plus touché d’Europe, sans que l'on sache comment.

On parle d’urgence, de fermeture des frontières, de mise en quarantaine, de check-points, de pénuries. Les usines restent à l’arrêt ou ne fonctionnent qu’au ralenti. Il y a comme un vocabulaire de temps de guerre.

Ce que l’on constate, c’est que l’économie mondiale est touchée, bouleversée. L’énergie, le transport aérien, le luxe, le tourisme. Que c’est tout un modèle de société qui se retrouve remis en cause.

Et conséquence de tout ça en Chine, c’est la première fois depuis quatre ans, que l’on utilise aussi peu de charbon dans les centrales thermiques. Sur la même période, la pollution au dioxyde d’azote au-dessus des grandes villes chinoises de Wuhan et de Nanjing, est inférieur de 30 % à 50 %, par rapport à l’an passé. Moins d’activité industrielle, moins de pollution. L’air est devenu “plus propre”. On respire mieux à cause du virus !

Paradoxalement, cette épidémie nous ouvre les yeux sur l’absolue nécessité de remettre en cause notre modèle productiviste. On a le dos au mur. Si nous voulons relever les défis environnementaux, il faut agir maintenant et la tâche est considérable.