Trier, c'est donner ?

Ce jeudi matin sur France Inter, une pub avant le journal de 9 heures.
« — Pour moi, trier, c’est donner une nouvelle vie à nos bouteilles, je trie, ça se renouvelle, on est dans cette logique de protéger la planète pour nos enfants.

Montage photo avec la campagne publictaire "Trier, c'est donner" et un monsieur âgé fouilant dans des poubelles.

— Ça peut paraître un petit geste, un petit effort, mais trier, c’est donner conscience aux autres qu’on a tous une responsabilité. Trier, c’est donner du répit aux ressources de la planète. Oui, trier, c’est donner. Comme Mathieu, Zaïta ou Elric, rejoignez le mouvement sur trierc’estdonner.fr, une initiative de CITEO. »

« Trier, c’est donner. » On ne sait pas pourquoi, mais on a comme un doute en entendant ça… Il fut un temps où l’on incitait les gens à donner, à faire des dons, pour les plus pauvres, les plus démunis, les victimes de catastrophes naturelles ayant subi la famine ou un tsunami. Aujourd’hui, ce que l’on nous dit c’est que le carton de la pizza 4 fromages ou que la bouteille en plastique de l’antioxydant aux fruits, c’est pareil. C’est comme si l’on faisait un don !? « Ce que je jette, dés lors que je le trie, c’est un don… »

La réalité, c’est que les dons, les vrais – pas les cartons d’emballage des Pépito ni les pots de yaourt bio vides –, les dons pour les associations caritatives, pour la recherche médicale, tous les dons accusent pour l’année 2018 une baisse considérable. A l’heure des comptes, les chiffres sont alarmants, c’est jusqu’à 20 % de dons en moins pour certaines associations. – Et ce sont beaucoup de personnes modestes qui ne versent plus de dons.

« Avec la hausse de la CSG sur les retraites, nous avons reçu de nombreuses lettres de donateurs fidèles qui s’excusent de ne plus pouvoir nous verser d’argent, par crainte de ne pas réussir à boucler leurs fins de mois, raconte un responsable d’ATD Quart-Monde. Ces personnes souvent âgées, qui ne le faisaient pas pour des raisons fiscales, ont dû renoncer à cette forme de générosité. Ce sont les deux opposés sur l’échelle sociale qui ont le moins donné en 2018 : les plus riches et les moins riches, mais évidemment pas pour les mêmes raisons. »

Les personnes les plus démunies, que l’on croise à l’arrière des supermarchés et qui ouvrent des containers de déchets, ce n’est pas pour trier par conviction environnementale, c’est pour récupérer un peu de nourriture dont la date de péremption est dépassée. Selon l’Insee, la France comptait 8,8 millions de pauvres en 2016. En d’autres termes, 8,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté.