Je te google, tu me googles, nous nous googlons…

C’était un matin de septembre, à la radio, un anniversaire que l’on n’a pas vu venir… et oui, Google a 20 ans.

Le Googleplex, Mountain View, Californie, États-Unis
Doodle de la coupe du monde 2014 à Rio

Au départ il s’agissait de se repérer au milieu du réseau naissant. « Non mais, je fais comment pour trouver une information au milieu de tout ce bordel ? ». Deux étudiants de l’université de Stanford aux États-Unis, Sergueï Brin et Larry Page vont partir de la littérature scientifique où un article est valorisé proportionnellement au nombre de publications qui le citent.

En quelques mois, ils développent un algorithme qui pointe les liens. Pendant 10 ans, Google sera un moteur de recherche rapide, astucieux et efficace, mais sans plus. Comme Yahoo, Lycos, Altavista, GoTo ou Excite.
En 1998, on est à 10 000 requêtes par jours. Août 1999, on passe la barre des 3 millions de requêtes/jour… 20 ans plus tard, en 2018, c’est 3,3 milliards de requêtes/jour.

La vraie bascule a lieu en 2001. L’idée géniale des deux créateurs de Google, qui va faire la différence avec les autres moteurs de recherche qui placardent des grandes bannières publicitaires en tête de site… c’est de vendre l’insertion de petites publicités au format texte, dont le contenu est directement lié à la recherche de l’internaute. C’est plus rapide à charger, le design est plus neutre donc ça ressemble à quelque chose de plus objectif. Et là, en quelques mois, les résultats financiers de Google écrasent la concurrence. Méthodiquement, le rouleau compresseur va étendre son terrain d’action.

2001, quelques jours après le 11 septembre, c’est la sortie de Google News, l’information en ligne. Et là, panique dans les supports presse où le vent du boulet commence à se faire sentir fortement.

À marche forcée, Google avance.
En 2004, c’est Google Book Search qui archive des millions de livres, rendus ainsi accessibles au public. Le droit d’auteur est balayé. La même année c’est Gmail puis le rachat de Earth Viewer renommé un an plus tard Google Earth. En 2005, c’est la mise à disposition de Google Maps et la démocratisation du GPS qui l’accompagne. En 2006, c’est au tour de la musique et du cinéma, de trembler avec le rachat de Youtube. En 2008, c’est Chrome qui marche sur les platebandes d’Explorer (Microsoft) et Safari (Apple). Enfin, en 2011 c’est Google Drive.

20 ans plus tard, l’empire effraie jusqu’aux gouvernements. C’est une entreprise dont la capitalisation frôle les 750 milliards… c’est colossal.
C’est plus que le PIB de la Belgique ou de l’Afrique du Sud. C’est plus de 90% de part de marché. C’est tellement énorme, que c’est devenu un geste familier, banal, de tout « googler ».

C’est devenu un verbe. Une réponse à tout, ou plutôt plusieurs millions de réponses en 0,38 seconde. En 20 ans, Google a réussi à ce que chacun intègre cette fonction. Au point que l’on questionne Google avant même de poser la question à ses parents, à ses amis.
Requête : « C’est normal d’être stressé le lundi matin ? » 8 920 000 résultats (0,52 secondes).