Une poubelle vivante

Faut se l’avouer, on ne sait pas comment faire pour que les gens prennent conscience qu’ils jettent un tombereau de déchets, tous les jours.

Rob Greenfield dans son costume de déchets à Union Square à New York
Rayon de légumes sous emballages plastiques au supermarché

Il paraît même que nous autres, en France, on est les mauvais élèves du tri sélectif en Europe. Poubelles jaunes, poubelles vertes, conteneurs à verre… ça rentre pas, on n’y arrive pas. On a le sentiment que plus on trie et plus les industriels rajoutent de l’emballage.

Un activiste américain, vient d’avoir la bonne idée pour que tout le monde se rende bien compte de ces quantités de plastique et de carton. “Hé mec, un Américain produit deux kilos d’ordures par jour… non mais tu te rends compte !”

Alors ce qu’il a trouvé comme idée simple, c’est de porter les déchets sur lui, au fur et à mesure qu’il consomme. Il s’est fabriqué une combinaison poubelle. Il mange ce que mange Bob, Donald ou Andrew, des pizzas, des burgers, des frites. Il boit des sodas, des cafés, se tape des milk shake... Et les emballages carton, les gobelets, les pots de glace vides s’accumulent dans les dizaines de sacs en plastique transparent qu’il stocke sur lui.

Il se balade comme ça dans les rues de New York, habillé en poubelle vivante. Rob Greenfield qu’il s’appelle. Et son action, Trash Me.“Non mais Rob, les ordures, ça sent pas très bon, quand même. Tu fais comment pour supporter ça ?” C’est simple, pour les déchets organiques, il les remplace par le même poids d’une matière inerte comme le sable.

En France, la mobilisation s’organise. Ce sont des “plastic attacks” qui sont prévues pour le 2 juin. Pas compliqué. Tu fais tes courses, et une fois passé la caisse, tu enlèves tous les emballages inutiles et tu laisses tout sur place, pour que le distributeur se démerde avec ça et commence à se poser des questions.

L’oignon emballé individuellement dans sa barquette plastique, le concombre sous cellophane, comment tu justifies un truc pareil ? C’est en Allemagne, en Belgique, au Canada, en Espagne et partout dans le monde que des actions ont déjà été menées avec succès.

On en parlait avec Régis à la machine à café. Deux kilos de déchets par jour, ça fait 60 kilos par mois… En gros, tu produis en un mois plus ou moins ton poids en déchets. Rien qu’à l’idée, on va se manger une carotte sans emballage !