Mark Zuckerberg ne veut pas dire où il a dormi hier soir !

Le mardi 10 avril 2018, le fondateur, PDG et actionnaire principal de Facebook a dû s’expliquer devant le Congrès des États-Unis sur le scandale Cambridge Analytica.

Ce sont les données de 87 millions d’utilisateurs Facebook qui ont été siphonnées par l’entreprise britannique spécialisée dans l’influence politique. Question/réponse, ping-pong courtois : Mark Zuckerberg a laissé au vestiaire ses tee-shirts gris sur-mesure à 300 dollars pièce, pour enfiler un costume cravate bleue qui pose le personnage.

La mine grave, il a travaillé son dossier de défense. Il a peaufiné une phrase qu’il répétera plus d’une dizaine de fois devant le Sénat : “Je n’ai pas la réponse à cette question, mais mes équipes vous recontacteront pour vous donner davantage de détails. Nous y travaillons, soyez-en sûrs ! » Il la joue humble et profil bas. Et ça semble plutôt bien fonctionner.

Le sénateur démocrate de l’Illinois, Dick Durbin, prend la parole. Juste deux questions très simples.
— Monsieur Zuckerberg, aimeriez-vous dire à tout le monde dans quel hôtel vous avez dormi hier ?

Mark Zuckerberg a le visage grave, il sourit et semble hésiter. Silence. Re-hésitation.
— Euh, euh… non !

Le patron de Facebook comprend rapidement qu’une question anodine peut être dévastatrice. Intérieurement : “Hé mec… tout allait bien jusqu’à présent. Pourquoi faut-il que tu me déstabilises avec ta question à deux balles !”

Deuxième question du sénateur qui reste calme et posé. Zuckerberg a réellement perdu son sourire. Il sent qu’on lui met gentiment le nez dans son caca, que les concepts de bienveillance et d’utopie qu’il vient de dérouler durant la première demi-heure d’audition, se retournent contre lui.
— Si vous avez contacté des gens cette semaine, aimeriez-vous nous donner leurs noms ?
— Sénateur, non. Je choisirais sans doute de ne pas rendre cela public, ici.
— Pourtant, à mon avis, c’est de cela dont il s’agit ! Votre droit à la vie privée, les limites de la vie privée, et tout ce que nous abandonnons dans l’Amérique moderne, au nom de la connexion mondiale entre les humains.

Cela a duré moins de quarante secondes.