Cheveux au vent !

C’est un geste anodin, mais qui raconte beaucoup.

C’est Marlène Schiappa, la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes qui l’a confié entre deux interventions gouvernementales : “Je m’attache aujourd’hui les cheveux pour qu’on écoute ce que je dis.” Oui, c’est vrai que l’on commente beaucoup les cheveux de Marlène Schiappa. Comme s’il était difficile d’être attentif aux paroles d’une femme politique, sans être troublé par son apparence.

Et l’on repense à toutes les femmes ministres. Depuis des années, depuis toujours, toutes ont porté les cheveux courts ou les cheveux attachés, à l’image de Simone Veil. “Il y a un livre à écrire sur les cheveux en politique”, poursuit Marlène Schiappa.

L’image la montrant cheveux au vent sur le perron de Matignon, c’est terminé. Elle a vite compris que ça ne passait pas. On fustige l’Iran et le voile imposé aux femmes, mais on ne supporte pas une femme politique qui se passe la main dans sa chevelure. Alors bien sûr qu’on ne lui demande pas frontalement de mettre de l’ordre dans sa coiffure, mais la femme politique comprend vite que ses mots porteront davantage, dès lors qu’elle aura les cheveux attachés.

Marlène Schiappa a aussi renoncé aux bracelets. Le vernis rouge, sur ses ongles, elle ne l’a pas enlevé. Elle en a juste un peu marre que l’on parle de son look et pas de son action ni de ses engagements. Un aveu d’impuissance face à une société qui ne peut pas s’empêcher de stigmatiser les signes extérieurs de féminité chez les politiques…

Juillet 2012, à l’Assemblée nationale. Une robe trop fleurie provoque le trouble des députés mâles. Et l’on entend des caquètements, des gloussements, des sifflets, des bruits de poule… quand Cécile Duflot, alors ministre du Logement, s’apprête à prendre la parole.

Les cheveux au vent, la robe fleurie. Et Marlène Schiappa de revenir sur un autre détail. La “mauvaise habitude” de désigner les femmes politiques simplement par leur prénom. Un exemple de sexisme gentiment ordinaire. Un ministre répond à un journaliste, il parle de Castaner, de Bruno Lemaire… et de Marlène… la bonne copine, qui a juste un prénom. Tellement sympa, Marlène !